Le recrutement est-il fait pour toi ? Ce qu’il demande vraiment.
Le recrutement n’est pas pour tout le monde, et je ne dis pas ça pour te faire peur. Pas besoin d’expérience, car le métier, on te l’apprend. Qui tu es, en revanche, on ne peut pas te l’apprendre. Ici, tu découvres ce que le job te demande, la vérité sur la pression et comment tenir le coup, avec un petit test pour voir si c’est fait pour toi.
Gauthier Denis · 26 octobre 2026 · 8 min de lecture
Sur nos offres d’emploi, c’est écrit noir sur blanc : pas besoin d’expérience, l’envie oui. Ce n’est pas un slogan. Plus de 150 personnes ont appris le métier chez nous, et ce qui fait percer l’un et décrocher l’autre figure rarement sur un CV. Tout se joue dans ta façon de réagir à un non, à la pression et à un tableau des scores.
C’est pourquoi je passe ici en revue, sans rien cacher, ce que le job te demande. Si tu t’y reconnais, le reste s’apprend.
Ce dont tu n’as pas besoin
Tu n’as pas besoin d’expérience en recrutement, ni d’un diplôme en RH ou en psychologie. Pas besoin non plus d’apporter un réseau : tu reçois un marché, une base de données à appeler et un coach à tes côtés. Qui vient de la vente ou de l’horeca a souvent déjà plus de cartes en main qu’il ne le pense. Il sait parler aux gens, et il veut gagner.
Ce dont tu as besoin
Ce que tu dois apporter, en revanche, on ne peut pas te l’apprendre. Il y en a cinq.
- L’envie de vendre. Le recrutement, c’est de la vente : tu vends un pas en avant à un candidat et une solution à un client (lis Que fait un recruteur ?). Qui aime gagner y puise son énergie.
- Oser prendre le téléphone. Qui réussit passe deux à quatre heures par jour au téléphone, souvent avec des gens qui n’attendent pas ton appel. Tu préfères le prendre aujourd’hui plutôt que demain.
- Encaisser un non. Tu entends plus de non que de oui. Un non peut te toucher, mais il ne décide pas de ton prochain appel.
- La patience. Un placement prend des semaines, parfois des mois. Ce que tu sèmes aujourd’hui, tu le récoltes plus tard.
- La soif d’apprendre. Tu demandes toi-même du feedback, et tu veux t’améliorer chaque semaine. Le feedback te fait grandir, il ne te rabaisse pas.
Chez ceux qui vont jusqu’au sommet, on retrouve encore d’autres traits : ils font passer leur carrière en premier, ils sont réguliers et ils sont obsédés par le métier. Tu le découvres dans Formation en recrutement : ce que fait un top biller.
La pression, sans détour
Ne soyons pas naïfs : le recrutement est un job sous pression, et cette pression ne retombe jamais.
Tu travailles avec des objectifs, et tout le monde voit qui marque des points. Tu connais des hauts et des bas : une semaine, les deals s’enchaînent tout seuls, la suivante, tout ce que tu croyais acquis tombe à l’eau. Un candidat reste finalement chez son employeur, un client choisit quelqu’un d’autre. Et comme ta commission suit tes placements, un mauvais trimestre se sent aussi sur ton salaire. C’est le revers de la médaille.
Celui qui y puise de l’énergie est au bon endroit. Celui que ça empêche de dormir aura du mal.
Est-ce que ça veut dire que tu atterris dans un panier de crabes ? Non. Tu gagnes en équipe. Il n’y a pas de place pour les ego surdimensionnés, tes collègues sont là pour toi quand ça ne tourne pas rond, et chaque victoire est fêtée. Faire un brin de causette en journée, ça fait aussi partie du jeu.
De la liberté quand tu es dans les temps
Notre façon de gérer cette pression est simple. Si tu es dans tes objectifs, tu as de la liberté : commencer plus tard, faire du sport sur le temps de midi ou travailler de chez toi de temps en temps. Si tu prends du retard, ton manager te suit de plus près. Ensemble, vous passez en revue tes appels, ton planning du jour et ce que tu dois encore apprendre, et vous fixez des engagements clairs. Ce n’est pas une punition, mais de l’attention au moment où tu en as besoin. Une fois de retour dans les temps, tu retrouves ta liberté.
Le principe derrière tout ça : input plus compétences égale output. Si tu en fais trop peu, tu dois en faire plus. Si tu en fais assez mais que trop peu de choses rentrent, il te reste quelque chose à apprendre. Comment voir où ça fuit chez toi, tu le découvres dans Trois mois sans placement.
Comment tenir le coup
La pression fait partie du métier, mais tu peux la gérer intelligemment. Voici ce qui aide :
- Regarde ce qui dépend de toi. Qu’un candidat signe ou non, ce n’est pas toi qui le décides. Combien d’appels tu passes et comment tu planifies ta journée, si. Qui se concentre sur son input dort mieux, quel que soit le résultat.
- Planifie ta journée. Ta liste le matin, tes sessions d’appels à heures fixes et un petit bilan le soir. Une journée chargée pèse moins quand tu sais ce qui t’attend.
- Relativise. Romina dirige notre bureau d’Anvers et est passée de trainee à principal en quatre ans. Son conseil pour ta première année : « Relativiser. La vente est un monde dur : vois-en le côté fun, c’est comme ça que tu tiens le plus longtemps. »
- Parles-en. Dis-le quand ça ne va pas. Tes collègues ont vécu la même chose, et ton manager est là pour t’aider à avancer.
- Recharge tes batteries. Fais du sport, dors assez et pose ton téléphone le soir. Si tu es dans tes objectifs, tu peux aller faire du sport sur le temps de midi : profites-en.
Si le stress persiste, même quand ça va mieux, parles-en à ton manager ou à ton médecin traitant. Ce sont des conseils tirés de la pratique, pas un avis médical.
Le début est intense
Tes deux premiers mois sont une formation en trois parties : d’abord les candidats, puis les clients, puis le processus de l’entretien à la signature. À chaque fois, tu apprends la théorie, tu l’appliques au bureau et tu reçois du feedback de ton manager, avec qui tu organises ta journée chaque matin.
C’est beaucoup à la fois, et c’est répétitif, car tu t’exerces sur une seule chose jusqu’à la maîtriser. C’est justement pour ça qu’après deux mois, tu connais environ 80 % du job, au moment où on attend des résultats de toi. Ces premiers mois, ça passe ou ça casse. Qui tient bon pose les bases pour le reste de sa carrière.
Pourquoi tu le fais
Pourquoi encaisser cette pression et ce début intense ? Parce que les premières années, tu ne travailles pas pour ton salaire d’aujourd’hui, mais pour ce qui vient après. D’abord, tu apprends le métier. Ensuite, tu investis deux à trois ans : appeler, placer et recommencer, jusqu’à le maîtriser les yeux fermés, pendant que ta commission grandit avec toi. Et puis tu capitalises : comme partner avec ton propre bureau ou ta propre équipe, avec une part dans ce que tu bâtis, ou comme indépendant chez Shortlist, où tu gardes jusqu’à 75 % de ce que tu rapportes.
Romina, que tu as déjà croisée plus haut, en est la preuve : elle a commencé chez nous comme trainee et elle est aujourd’hui partner.
Check-list : te reconnais-tu ?
- Tu puises ton énergie dans les échanges avec les gens.
- Tu préfères prendre le téléphone aujourd’hui plutôt que demain.
- Un non te motive plus qu’il ne te touche.
- Tu veux être payé pour ce que tu fais, pas pour ton titre.
- Tu peux travailler des semaines pour une récompense qui vient plus tard.
- Tu demandes toi-même du feedback.
- Tu aimes qu’il y ait un tableau des scores, même quand tu es mené un moment.
Si tu te reconnais dans la plupart de ces phrases, il y a de fortes chances que le recrutement soit fait pour toi.
Pour qui ce n’est pas fait
Le recrutement n’est pas pour tout le monde, et il n’y a rien de mal à ça. Il te correspond moins si :
- tu cherches la garantie d’un salaire fixe : ton salaire fixe est un filet de sécurité, c’est ta commission qui fait la différence ;
- tu veux un job tranquille, de 9 h à 17 h : la pression ne retombe jamais ;
- tu n’aimes pas téléphoner : c’est un métier de téléphone ;
- tu prends chaque non personnellement.
Si tu te reconnais surtout là-dedans, mieux vaut chercher autre chose. On préfère te le dire maintenant plutôt qu’après trois mois.
Le meilleur test : une journée en immersion
Tu hésites encore ? Il y a un test qui en dit plus que tout cet article : une journée au bureau. Chez nous, ça s’appelle l’Experience Day. Tu passes une journée aux côtés d’un senior consultant, tu réalises toi-même quelques missions et tu vois comment une journée se déroule vraiment. Comme ça, tu sais si tu te vois faire ce job, et nous, on sait si le courant passe.
Ernest, pour qui le job était complètement nouveau à ses débuts, donne un seul conseil à ceux qui hésitent : « Fonce. C’est la seule façon de savoir si c’est fait pour toi. »
Découvre les opportunités ou viens prendre un café avec nous.
Questions fréquentes
Le recrutement est-il stressant ?
Il y a de la pression : des objectifs, des hauts et des bas, et une commission qui suit tes résultats. Qui aime marquer des points y puise de l’énergie. Qui cherche la sécurité le vit plus vite comme du stress.
Faut-il être extraverti pour devenir recruteur ?
Non. Mais tu dois aimer parler aux gens et oser prendre le téléphone. Bien écouter est au moins aussi important que bien parler : qui écoute sait ce qu’un candidat veut vraiment.
Et si tu n’atteins pas ton objectif ?
Alors ton manager te suit de plus près. Ensemble, vous passez en revue tes appels, ton planning du jour et ce que tu dois encore apprendre, et vous prenez des engagements. Une fois de retour dans les temps, tu retrouves ta liberté.
Peux-tu travailler de chez toi comme recruteur ?
Tu travailles surtout depuis le bureau, entouré de tes collègues. Si tu atteins tes objectifs, tu peux aussi travailler de chez toi de temps en temps.
Tu trouveras toutes les étapes réunies dans notre guide Devenir recruteur en Belgique.