Qu’est-ce qu’un bon billing pour un recruteur ? Du débutant au top biller.
C’est une question qu’on me pose presque chaque semaine : est-ce que mon billing est bon ? La réponse honnête dépend de là où tu en es. Mais après dix ans de Greystone, je vois un schéma clair, de tes premiers placements jusqu’au sommet.
Gauthier Denis · 21 octobre 2026 · 7 min de lecture
Chaque semaine, il y a bien un recruteur assis en face de moi qui cite son billing de l’an dernier, puis me regarde. Est-ce que c’est bon ? Parfois, il le demande avec fierté, parfois avec doute. Et souvent, la réponse n’est pas celle qu’il attend.
Rapporter 160 000 €, ça peut être fort, ou au contraire un peu juste. Pour quelqu’un dans sa première année, c’est un résultat solide. Pour un recruteur avec dix ans d’expérience et son propre portefeuille de clients, il y a moyen de faire plus. Un bon billing n’est donc pas un chiffre fixe, mais un niveau qui correspond à l’étape où tu en es.
C’est pourquoi je rassemble ici ce qu’on voit chez Greystone, du débutant au top biller. Ce ne sont pas des lois, mais des repères honnêtes pour qui fait des placements en CDI en Belgique.
D’abord : qu’est-ce qui compte comme billing ?
Le billing, c’est ce que tes clients paient pour les candidats que tu places : la somme de tes fees sur un an. Ce n’est donc pas ce que tu gagnes, mais le chiffre d’affaires que tu fais rentrer toi-même. Pour un placement en CDI, ton fee est un pourcentage du salaire annuel du candidat, comme convenu avec ton client.
Chez Greystone, le fee moyen tourne cette année autour de 17 000 à 18 000 € par placement. Ça rend le calcul facile : avec un fee de 17 500 €, 175 000 € de billing, c’est dix placements par an, presque un par mois. Garde-le en tête, car derrière chaque niveau ci-dessous se cache un nombre de placements.
Cet article parle des placements en CDI. Qui place surtout des freelances ou des intérimaires calcule autrement.
Du débutant au top biller
Chez Greystone, on distingue quatre niveaux. Les limites ne sont pas nettes, car ton billing seul ne détermine pas où tu en es.
Débutant : en route vers 180 000 €
Tes premières années tournent autour de l’apprentissage du métier : appeler, qualifier et convaincre tes premiers clients. Un bon débutant grimpe jusqu’à environ 180 000 € par an, une dizaine de placements. Qui y arrive a bien le métier en main.
Senior : 180 000 € à 300 000 €
Un senior a trouvé son marché. Il a des clients qui le rappellent avec un nouveau poste, et il sait quels postes il vaut mieux laisser de côté. Rapporter entre 180 000 € et 300 000 €, c’est dix à dix-sept placements par an.
Principal consultant : 240 000 € à 360 000 €
Un principal consultant, c’est plus qu’un senior avec un billing plus élevé. C’est la référence dans sa niche : les clients l’appellent en premier, il travaille plus souvent en exclusivité et ses fees sont plus élevés. C’est pourquoi les deux niveaux se chevauchent. Un senior qui fait une grosse année peut rapporter plus qu’un principal dans une année calme, mais le principal a un marché qui est le sien.
Top biller : 400 000 € et plus
Au-delà de 400 000 €, tu fais partie des meilleurs. Ça représente plus de vingt placements par an, ou moins avec des fees plus élevés. Qui vise encore beaucoup plus haut doit savoir que c’est rare partout. En 2025, le formateur australien Ross Clennett a demandé à quinze agences combien de leurs recruteurs rapportaient plus d’un million de dollars : dans huit agences sur quinze, il n’y en avait aucun.
En résumé, avec un fee moyen de 17 500 € :
| Niveau | Billing par an | Placements par an |
|---|---|---|
| Débutant | jusqu’à environ 180 000 € | jusqu’à environ 10 |
| Senior | 180 000 € à 300 000 € | 10 à 17 |
| Principal consultant | 240 000 € à 360 000 € | 14 à 21 |
| Top biller | à partir de 400 000 € | 23 ou plus |
Ce qui fait la différence
Qu’est-ce qui distingue un recruteur à 180 000 € d’un recruteur à 400 000 € ? Pas seulement plus d’heures. Ceux que je vois progresser font surtout ces cinq choses autrement.
- Il choisit ses postes. Un top biller n’accepte pas tout. Lors de la prise de brief, il pose des questions sur l’urgence, le budget, le processus et sur qui décide. Un poste qu’il ne peut pas gagner, il le laisse de côté.
- Il travaille plus souvent en exclusivité. Avec un mandat exclusif ou une retained search, tu n’es pas en concurrence avec cinq autres agences, et un poste débouche bien plus souvent sur un placement.
- Il défend son fee. Qui cède à chaque demande de remise doit placer plus pour le même billing. Avec un fee de 15 000 € au lieu de 17 500 €, il te faut trois placements de plus pour 300 000 € de billing.
- Il a des clients qui reviennent. Un client fidèle avec cinq postes par an vaut plus que cinq clients qui en ont chacun un. Tu connais les gens, le processus et ce qu’ils cherchent.
- Il connaît ses chiffres. Combien d’échanges mènent à une présentation, combien de présentations à un entretien et combien d’entretiens à un placement ? Qui a la réponse sait aussi ce qu’il doit faire cette semaine pour réussir son année.
Aucune de ces cinq choses n’est un secret. La différence, c’est de s’y tenir, semaine après semaine.
Ce que le billing ne dit pas
Ne soyons pas naïfs : le billing est une bonne mesure, mais il ne dit pas tout.
- Ton marché compte. Dans une niche où les salaires sont plus bas, les fees le sont aussi. Il te faut alors plus de placements pour le même billing, et 200 000 €, c’est un résultat plus fort que dans un marché aux salaires élevés.
- Une année n’est pas une carrière. Un marché qui cale, un gros client qui s’en va ou un candidat qui accepte une contre-offre le dernier jour : une année peut décevoir sans que tu travailles moins bien. Regarde trois ans, pas un seul.
- Le billing n’est pas ce que tu gagnes. Deux recruteurs avec le même billing peuvent garder des montants très différents. Ça dépend de ton contrat : ton salaire et ta commission, ou ce que tu reçois de ton billing comme indépendant.
Ce que ton billing te rapporte
Comme employé, tu reçois généralement un salaire fixe et une commission sur ce que tu rapportes au-delà d’un seuil. Le montant varie fort d’une agence à l’autre. Ce que gagnent les recruteurs, de l’in-house à l’agence, tu le découvres dans Combien gagne un recruteur en Belgique ?
À terme, ton billing te rapporte plus que ton salaire d’aujourd’hui. Chez nous, une carrière se déroule en trois étapes : d’abord, tu apprends le métier, puis tu investis deux à trois ans jusqu’à le connaître par cœur, et ensuite, tu capitalises. Ça peut se faire comme partner avec ton propre bureau ou ta propre équipe, avec une part dans ce que tu bâtis, ou comme indépendant.
Si, avec le temps, tu fais un chiffre solide et que tu veux continuer en indépendant, une partie de ton billing va vers ta propre SRL. Comment ça marche et ce qu’il te reste alors, tu le lis sur Shortlist dans Combien gagne un recruteur indépendant ?
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un bon billing pour un débutant ?
Au cours de ses premières années, un bon débutant grimpe jusqu’à environ 180 000 € par an, une dizaine de placements. Ta toute première année est généralement plus basse, parce que tu construis encore ta clientèle et ton réseau.
Combien de placements faut-il pour 300 000 € de billing ?
Avec un fee moyen de 17 500 €, il en faut environ dix-sept, un peu plus d’un par mois. Avec des fees plus élevés, il t’en faut moins.
Quel est le fee moyen pour un placement en CDI ?
Chez Greystone, le fee moyen tourne cette année autour de 17 000 à 18 000 €. Le montant de ton fee dépend du salaire du candidat et de ce que tu conviens avec ton client.
Le billing, est-ce la même chose que ce que tu gagnes ?
Non. Le billing, c’est le chiffre d’affaires que tu fais rentrer. Ce que tu gagnes dépend de ton contrat : comme employé, ton salaire et ta commission, comme indépendant, la part de ton billing qui va vers ta propre SRL.
Curieux de savoir ce que tu rapporterais et ce que tu gagnerais chez nous ? Prends un café avec nous.
Toutes les étapes en un coup d’œil, tu les trouves dans notre guide Devenir recruteur en Belgique.
Sources
- Billing par niveau et fee moyen : chiffres de Greystone, 2026.
- Combien de recruteurs rapportent plus d’un million : Ross Clennett, juillet 2025 (en anglais).