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Le préavis de ton candidat : sa durée, et comment le raccourcir.

Si ton candidat démissionne, son préavis dure d’une à treize semaines, selon son ancienneté. Il commence le lundi qui suit la semaine où il a remis sa lettre. On peut le raccourcir de commun accord, en rachetant le reste ou avec un contre-⁠préavis s’il a lui-⁠même été licencié. Calcule-⁠le lors de ton premier échange, pas seulement au moment de l’offre.

Gauthier Denis · 25 octobre 2026 · 8 min de lecture
Un recruteur signe un contrat à une table près de la fenêtre, à côté d’un dossier rouge et d’un ordinateur portable

Vendredi, ton candidat signe. Ton client t’appelle aussitôt : « Parfait. Il commence donc le premier du mois ? » Le soir même, ton candidat fait le calcul. Neuf ans d’ancienneté : treize semaines de préavis. Au bout du fil, ton client ne dit plus rien.

Ne soyons pas naïfs : ces treize semaines, tu n’y changeras rien. Un préavis est un délai légal, et son patron peut dire non à toute demande de partir plus tôt. Mais tu peux le connaître avant que quelqu’un ne soit pris de court, et tu peux aider ton candidat à demander un préavis plus court, avec un plan dont son patron profite aussi. Pour toi aussi, ça compte : ton fee ne tombe que quand il commence.

Combien de temps dure son préavis

Si ton candidat démissionne, son préavis dépend de son ancienneté : depuis combien de temps il travaille chez son employeur, jusqu’à la veille du début de son préavis. Ça va d’une semaine pendant ses premiers mois à treize semaines maximum à partir de huit ans. Depuis le 28 octobre 2023, ce maximum vaut pour tout le monde, y compris pour ceux qui étaient déjà en service avant 2014.

AnciennetéPréavis
Moins de 3 mois1 semaine
3 à 6 mois2 semaines
6 à 12 mois3 semaines
12 à 18 mois4 semaines
18 mois à 2 ans5 semaines
2 à 4 ans6 semaines
4 à 5 ans7 semaines
5 à 6 ans9 semaines
6 à 7 ans10 semaines
7 à 8 ans12 semaines
8 ans ou plus13 semaines

Si son contrat a commencé le 1er août 2026 ou après, son préavis est d’une semaine pendant ses six premiers mois.

Son préavis commence le lundi qui suit la semaine où il a remis sa lettre. Une lettre le vendredi ou le lundi suivant, ça fait donc toute une semaine de différence. Et une fois qu’il court, il continue de courir : un préavis donné par l’employé n’est pas suspendu par les vacances ou la maladie.

Trois façons de le raccourcir

De commun accord. Ton candidat et son patron peuvent toujours convenir ensemble d’une autre date de fin. C’est la voie normale, et la seule sans frais. Mets l’accord par écrit, avec la nouvelle date de fin.

En rachetant le reste. S’il part plus tôt sans accord, il verse à son employeur une indemnité de préavis : son salaire en cours et ses avantages pour le reste de son préavis. Un nouvel employeur peut prendre cette indemnité à sa charge, par exemple avec une prime à l’embauche.

Avec un contre-⁠préavis. Si ton candidat a lui-⁠même été licencié et doit encore prester son préavis, il peut donner un contre-⁠préavis dès qu’il a un nouvel emploi : son délai normal, mais quatre semaines maximum.

La méthode : du premier échange au premier jour

Six étapes, pour que personne ne soit surpris par son préavis, et qu’il commence chez ton client le plus tôt possible.

01Connais son préavis dès le début

Lors de ton premier échange, demande-⁠lui depuis quand il travaille chez son employeur, et s’il démissionne ou s’il a été licencié. Pendant ta prise de brief avec le client, demande l’échéance : quand la nouvelle personne doit-⁠elle commencer, et que se passe-⁠t-⁠il si c’est plus tard ? Tu vois ainsi tout de suite si ça colle.

02Calcule-⁠le avec lui

Au moment de l’offre, tu le calcules avec lui : son ancienneté, le nombre de semaines, le lundi où il commence et le jour où il se termine. Cette date de fin, tu la donnes à ton client, et c’est avec cette date que vous planifiez son démarrage.

03D’abord signer, ensuite démissionner

Un préavis, il ne peut pas simplement revenir dessus, alors qu’une offre peut encore changer. Il signe donc d’abord chez ton client, et il donne sa démission ensuite, un jour que vous fixez ensemble. Après sa discussion avec son patron, tu l’appelles.

04Prépare sa lettre

Il l’annonce d’abord lui-⁠même à son patron, puis il remet sa lettre. Elle contient :

  • la date, et le fait qu’il met fin à son contrat de travail ;
  • la date de début et la durée de son préavis ;
  • la demande de raccourcir le préavis ensemble ;
  • le fait qu’il veillera à une bonne passation ;
  • la demande de signer une copie pour réception.

La date de début et la durée sont obligatoires. Si elles manquent, le préavis est nul, son contrat prend fin immédiatement et il doit une indemnité de préavis à son employeur. Il n’a pas à y indiquer où il va. Si son patron ne signe pas pour réception, la lettre part en recommandé.

05Demande un préavis plus court, avec un plan

Il ne le demande pas comme une faveur, mais avec un plan : quels dossiers il termine, qui il forme et pour quelle date. Son patron entend ainsi ce qu’il y gagne. S’il y a un accord, il le met par écrit, avec la nouvelle date de fin, et toi, tu la transmets à ton client.

06Reste présent jusqu’à son premier jour

Appelle-⁠le pendant son préavis, et ton client aussi. Plus le préavis est long, plus son patron a le temps de faire une contre-⁠offre : comment t’en prémunir, tu le découvres dans La contre-⁠offre se règle dès ton premier échange. Le jour où il commence, tu lui envoies un petit message.

Que dire quand ça coince

« Je donne d’abord ma démission, je signerai après. »

« Faites l’inverse. Un préavis, on ne revient pas simplement dessus, et tant que vous n’avez pas signé, l’offre peut encore changer. Signez d’abord, puis remettez votre lettre le lendemain. »

« Il doit d’abord donner sa démission, ensuite on signe. »

« Aucun bon candidat ne quitte son emploi sans contrat. Faites-⁠le signer, il remettra sa lettre la même semaine et je vous dirai quand son préavis commence. »

« Treize semaines ? On ne peut pas attendre aussi longtemps. »

« Tout bon candidat a un emploi, et donc un préavis. On demande ensemble un préavis plus court, et en attendant, vous pouvez déjà l’impliquer : un lunch d’équipe, une visite de chantier, son planning. Si vous le voulez vraiment plus vite, vous pouvez prendre en charge l’indemnité pour le reste de son préavis. »

« Mon patron ne me laissera pas partir un jour plus tôt. »

« Alors on planifie votre démarrage à la fin de votre préavis, et je reste en contact. S’il vous reste des jours de congé, demandez si vous pouvez les prendre pendant votre préavis. Votre préavis continue simplement de courir. »

« J’ai été licencié et je dois encore prester quatre mois. »

« Alors vous pouvez partir plus vite. Avec un nouvel emploi, vous donnez un contre-⁠préavis, et il dure quatre semaines maximum. »

Un exemple

Imaginons : Tom est chef de chantier, depuis six ans chez le même entrepreneur. Tu poses la question dès ton premier échange : six ans, donc dix semaines de préavis. Ton client le voudrait idéalement le 4 janvier, après les vacances de Noël.

Tom signe le mardi 3 novembre et remet sa lettre le jeudi. Son préavis commence le lundi 9 novembre et court jusqu’au dimanche 17 janvier inclus. Dans sa lettre, il demande à le raccourcir, et il arrive avec un plan : ses deux chantiers, il les transmet à un collègue avant Noël.

Son patron accepte le 31 décembre comme dernier jour, et ils le mettent par écrit. Tu transmets la date à ton client, et Tom commence le lundi 4 janvier.

Check-⁠list

  • Tu connais l’ancienneté de ton candidat et l’échéance de ton client.
  • Au moment de l’offre, tu calcules son préavis avec lui : date de début, durée et date de fin.
  • Il signe d’abord chez ton client, puis il remet sa lettre.
  • Sa lettre mentionne la date de début et la durée, et la demande de raccourcir le préavis.
  • Son patron signe une copie pour réception, ou la lettre part en recommandé.
  • Il demande un préavis plus court avec un plan, et un accord est mis par écrit.
  • Tu planifies son démarrage avec ton client, et tu restes en contact jusqu’à son premier jour de travail.

Questions fréquentes

Combien de temps dure le préavis quand un employé démissionne ?

D’une à treize semaines, selon son ancienneté. À partir de huit ans, c’est treize semaines, et depuis le 28 octobre 2023, ce maximum vaut aussi pour ceux qui étaient déjà en service avant 2014.

Son préavis est-⁠il suspendu par les vacances ou la maladie ?

Non. Un préavis donné par l’employé continue simplement de courir, même pendant les vacances ou la maladie. Ses jours de congé, il peut les prendre pendant son préavis, en accord avec son patron.

Et si son patron ne veut pas signer la lettre ?

Alors il l’envoie en recommandé. Une lettre recommandée prend effet le troisième jour ouvrable après son envoi. S’il l’envoie au plus tard le mercredi et qu’il n’y a pas de jour férié entre-⁠temps, son préavis commence le lundi suivant.

Son nouvel employeur peut-⁠il racheter le préavis ?

Ton candidat peut arrêter plus tôt s’il verse à son employeur une indemnité de préavis pour le reste de son préavis. Son nouvel employeur peut la prendre en charge, par exemple avec une prime à l’embauche. Fais calculer par le secrétariat social de ton client ce que ça représente en brut et en net.

Est-⁠ce que ça vaut aussi pour ton propre préavis ?

Oui, les règles sont les mêmes. Ce qui s’y ajoute quand tu pars toi-⁠même, comme une clause de non-⁠concurrence, tu le découvres dans Clause de non-⁠concurrence et préavis.

Ceci est une explication générale, pas un avis juridique.

Sources

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