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Formation · Le métier

Conclure l’offre : recadrer le client et le candidat.

Une offre, tu la conclus avant de la faire. Connais tout le package de ta candidate et son minimum, compare la proposition de ton client ligne par ligne et ajuste là où ça coince. Assure-⁠toi à l’avance que ta candidate signe si l’offre est bonne, puis annonce-⁠la de vive voix et fixe tout de suite le moment de la signature, de préférence le jour même ou le lendemain.

Gauthier Denis · 25 octobre 2026 · 8 min de lecture
Un recruteur fait ses calculs avec une calculatrice et prend des notes dans un carnet rouge, à un bureau en chêne

Ton client appelle : il veut Sofie. Tu appelles aussitôt Sofie avec la nouvelle et l’offre. Silence au bout du fil. « Hum. Je m’attendais quand même à un peu plus. Et cette voiture est d’une catégorie en dessous de celle que j’ai maintenant. » Ton client trouve son offre correcte, Sofie la trouve trop maigre, et toi, tu es coincé entre les deux.

Ne soyons pas naïfs : tu es entre les deux, et tout le monde sait que ton fee augmente avec son salaire. Ton client craint que tu fasses grimper le salaire, ta candidate que tu lui fasses signer quelque chose pour toucher ton fee. Mais un placement qui tombe à l’eau ne te rapporte rien, et une candidate qui signe sous son minimum se remet vite à chercher. Ton travail, c’est une offre à laquelle les deux parties disent oui, et ça commence bien avant l’offre.

Et un oui n’est acquis que quand elle signe. Dans une enquête de Gartner auprès de près de 3 000 candidats, 35 % disent s’être désistés après avoir accepté une offre.

Compare tout le package

À la lecture du salaire brut, une offre paraît bonne ou mauvaise, mais ta candidate vit de ce qui lui reste en net, et de son temps. Mets son package actuel et la proposition côte à côte, ligne par ligne :

  • salaire brut et net par mois ;
  • indemnité de frais ;
  • voiture et carte carburant, avec le modèle et la catégorie ;
  • assurance groupe et assurance hospitalisation, avec la quote-⁠part personnelle et les options pour le partenaire et les enfants ;
  • GSM, abonnement, laptop et internet, et si elle peut les utiliser à titre privé ;
  • chèques-⁠repas, écochèques et bonus ;
  • heures de travail par semaine, sur papier et en réalité, jours de congé et jours de RTT.

En bas, tu additionnes deux choses : ce qui lui reste en net par mois, et le temps dont elle dispose. Ce n’est qu’alors que tu sais si l’offre est meilleure, et où ça coince. Le salaire pèse lourd, mais pas seul : dans la même enquête, 53 % citent un salaire plus élevé comme principale raison d’accepter une offre, et 47 % les perspectives d’évolution.

Comment les rapprocher

Cherche où ça coince vraiment. Souvent, ce n’est pas le salaire brut, mais la voiture, l’assurance groupe ou le jour de télétravail. Ce qui fait la plus grande différence pour ta candidate coûte parfois le moins à ton client.

Amène chaque partie à faire un pas. Ton client donne un peu plus, ta candidate lâche un élément qui lui importe moins. Dis-⁠le clairement à chacun, pour que personne n’ait l’impression d’être le seul à avoir cédé.

Convaincs avec ce qu’ils gagnent ou perdent, pas avec ton avis. Ton client, avec ce que ça coûte si ça ne se fait pas : les semaines jusqu’au prochain candidat, le poste qui reste vacant. Ta candidate, avec ce qu’elle gagne : le job, l’équipe, là où elle sera dans trois ans.

La méthode : du premier échange à la signature

Six étapes. Les deux premières, tu les fais bien avant qu’il y ait une offre.

01Connais son package et son minimum

Dès ton premier échange, tu lui demandes tout son package, ligne par ligne, et ce qu’elle attend si elle change. Demande aussi son minimum, et ce qu’elle ne veut surtout pas perdre : sa voiture, son jour de télétravail, son assurance groupe. Si elle ne veut pas dire son salaire, explique pourquoi tu le demandes : tu demandes aussi à ton client son maximum, pour ne pas proposer à ta candidate des jobs qui ne lui conviendront jamais.

02Close sur le salaire après chaque entretien

Après chaque entretien chez ton client : « S’ils vous proposent ce package demain, vous signez ? » À cette question, tu veux un oui. Un non ou un peut-⁠être ne suffit pas pour continuer : creuse jusqu’à savoir ce qui manque encore.

03Mets la proposition de ton client dans la balance

Avant que ton client fasse son offre, tu la demandes en entier et tu la compares au package actuel de ta candidate. Si quelque chose coince, dis-⁠le maintenant : une voiture d’une catégorie en dessous, pas d’assurance groupe, moins de jours de congé. Conseille à ton client d’ajuster si nécessaire, et demande tout de suite quelques créneaux pour la signature.

04Close ta candidate avant l’offre

Appelle-⁠la avant d’annoncer l’offre. Comment perçoit-⁠elle le job, quels sont ses doutes, a-⁠t-⁠elle d’autres processus en cours ? Parle de chiffres concrets : « S’ils vous proposent la même chose qu’aujourd’hui, vous y allez ? Sinon, à partir de quel montant ? » Comme ça, tu connais son minimum, de préférence en dessous de ce que ton client veut offrir, et tu sais qu’elle dira oui si l’offre est bonne.

05Annonce l’offre de vive voix

Ensuite, tu la rappelles : « Vous avez de quoi noter ? » Passe tout le package en revue, puis demande : « Je peux dire au client que vous êtes partante ? » L’offre ne part pas par mail : une offre sur papier atterrit facilement sur le bureau de son patron.

06Fixe tout de suite le moment de la signature

Si elle dit oui, tu fixes le moment de la signature pendant le même appel, de préférence le jour même ou le lendemain, et tu le confirmes des deux côtés. Plus ça traîne, plus il y a de place pour le doute, une autre offre ou une contre-⁠offre. Comment parer à cette dernière, tu le découvres dans La contre-⁠offre se règle dès ton premier échange.

Que dire quand ça coince

« Je m’attendais quand même à plus. »

« Mettons tout le package à côté de ce que vous avez aujourd’hui. Où est la différence pour vous : dans le salaire, la voiture ou autre chose ? Et qu’est-⁠ce qu’il faut en plus pour que vous disiez oui ? » C’est avec cette seule réponse que tu retournes vers ton client, pas avec une liste.

« Je veux d’abord en parler avec mon partenaire. »

« Logique. À votre avis, qu’est-⁠ce que votre partenaire va demander ? Voyons ça ensemble dès maintenant. On s’appelle demain à six heures, après votre discussion ? »

« Je préfère négocier moi-⁠même. »

« Pas de souci. Laissez-⁠moi tout de même mener la première discussion sur les chiffres : je connais le budget du client, et vous, vous démarrez du bon pied avec votre nouveau patron. Si vous tenez à le faire vous-⁠même, on met ensemble votre minimum et vos arguments sur papier. »

« On préfère faire l’offre nous-⁠mêmes. »

« Très bien. Faites-⁠la de vive voix, laissez-⁠lui une semaine pour décider et bloquez déjà quelques créneaux pour la signature. Je peux vous appeler dès que c’est fait ? Comme ça, je fais le suivi avec elle et je fixe le moment de la signature. »

« Vous voulez faire grimper le salaire pour votre fee. »

« Quelques milliers d’euros de fee en plus ne valent pas un client qui me fera encore confiance pendant des années. Vous connaissiez ses attentes dès le début, et l’offre reste votre décision. Je recommande ce qui augmente les chances d’un oui. »

« On attend encore un peu avant de faire l’offre. »

« On attend quoi, au juste ? Elle est encore dans deux autres processus, et chaque semaine laisse à son patron le temps de faire une contre-⁠offre. On peut le faire cette semaine ? »

Un exemple

Imaginons : Lien est ingénieure de projet dans un bureau d’études. Dès ton premier échange, tu passes son package en revue : son salaire, une voiture, des chèques-⁠repas, une assurance groupe et du télétravail tous les vendredis. Son minimum : au moins ce qui lui reste aujourd’hui en net, et ce vendredi, elle veut le garder.

Après son deuxième entretien, tu lui demandes : « S’ils vous proposent la même chose demain, avec votre jour de télétravail, vous signez ? » « Oui, le job est mieux. »

Ton client veut lui donner 150 € brut de plus, mais une voiture d’une catégorie en dessous et pas d’assurance groupe. Sur le salaire brut, ça paraît plus. Dans la balance, elle perd son assurance groupe et une catégorie de voiture, et ça pèse plus lourd que les 150 €. Tu le montres à ton client, ligne par ligne. Il garde l’assurance groupe et le vendredi, et la voiture reste d’une catégorie en dessous. Ça convient très bien à Lien.

Tu appelles Lien, tu passes l’offre en revue et tu lui demandes si tu peux transmettre son oui. Elle signe le lendemain matin.

Check-⁠list

  • Tu connais tout le package de ta candidate, son minimum et ce qu’elle ne veut pas perdre.
  • Après chaque entretien, tu demandes : « S’ils vous proposent ça, vous signez ? »
  • La proposition de ton client, tu la compares ligne par ligne au package actuel de ta candidate.
  • Si quelque chose coince, tu ajustes avant l’offre, pas après.
  • Tu as closé ta candidate sur des chiffres concrets avant d’annoncer l’offre.
  • L’offre, tu l’annonces de vive voix, et tu demandes oui ou non.
  • Le moment de la signature est fixé, de préférence le jour même ou le lendemain.

Questions fréquentes

Un recruteur peut-⁠il faire grimper le salaire de son candidat ?

Tu conseilles, tu ne décides pas. Dès le début, tu transmets les attentes du candidat et tu montres à ton client où l’offre coince. L’offre reste la décision de ton client, et la signature, celle du candidat.

Pourquoi ne pas annoncer l’offre par mail ?

Parce qu’une offre sur papier atterrit facilement chez le patron actuel, comme levier pour une contre-⁠offre. Ta candidate reçoit tout noir sur blanc dans son contrat, au moment de la signature. Fixe-⁠le donc rapidement.

Et si ta candidate veut attendre son bonus ?

Fais le calcul avec elle de ce qu’elle perdrait. Si c’est un gros montant, demande à ton client s’il le compense avec une prime de bienvenue, ou planifie sa démission après le versement.

Et si ta candidate a une clause de non-⁠concurrence ?

Pose la question avant l’offre, et fais-⁠la vérifier : qu’elle s’applique ou non dépend du salaire de ta candidate et de la façon dont la clause est rédigée. Comment ça marche, tu le découvres dans Clause de non-⁠concurrence et préavis. Ceci est une explication générale, pas un avis juridique.

Combien de temps laisser entre le oui et la signature ?

De préférence le jour même ou le lendemain. Chaque jour entre le oui et la signature est un jour de plus pour le doute, une autre offre ou une contre-⁠offre.

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